MONOD  NEWS 

Le journal des élèves du Lycée Jacques Monod (45) 

RDV dans la rubrique   podcasts !

L'actu des lycéens

L’intervention américaine au Venezuela

12/02/2026

L’intervention américaine au Venezuela

Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, les États-Unis ont lancé des opérations militaires contre le Venezuela, qui se sont terminées par l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro. Il a été transféré à New York aux États-Unis pour répondre de crimes devant une court fédérale. Depuis l’annonce de la capture de Maduro, des voix s’élèvent dans le monde pour contester la légalité de l’action américaine. 

Pourquoi ?
Officiellement, l’administration Trump a justifié cette attaque en affirmant être en continuité avec les actions déjà menées contre des navires vénézuéliens. Plus tôt, en 2024, les États-Unis avaient attaqué des navires qui selon eux, effectuaient du trafic de drogue pour le gouvernement vénézuélien. Ainsi, ils ont débuté un combat contre les réseaux criminels supposés être associés directement à Nicolás Maduro. Ces attaques ont fait 120 morts. 


Le 3 janvier, ces actions ont pris une toute nouvelle ampleur, avec le bombardement du sol vénézuélien, et l’arrestation du président. Celui-ci a été arrêté et inculpé pour « conspiration narcoterroriste », c’est-à-dire qu’il est accusé de faire partie du trafic de drogue et de comploter pour les réseaux qui passent au Venezuela, en direction des États-Unis. 


Cependant, beaucoup ont pointé du doigt l’intérêt non dissimulé de Donald Trump pour les ressources vénézuéliennes en pétrole. En effet, le pays fait partie des grandes réserves de cet « or noir ». Et dès le 3 janvier, dans son discours, le président américain annonçait : « Nous allons demander à nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus importantes au monde, d’intervenir et d’investir des milliards de dollars. » Il ajoutait juste après : « Nous allons extraire du sol du Venezuela une quantité colossale de richesse. » Quelques jours après, il demandait cette fois directement au gouvernement vénézuélien (dirigé par intérim par la vice-présidente Delcy Rodriguez, qui a pris la tête du pays suite à l’enlèvement de Maduro) de remettre aux États-Unis les puits de pétrole du pays. L’intérêt pour le pétrole n’est pas nouveau. Le contrôle de cette richesse assure une puissance non négligeable et un avantage économique sur d’autres puissances, qui ne possèdent pas d’accès direct à des puits de pétrole, et qui sont donc dépendantes de ceux qui en possèdent. 


Le droit international et américain mis à mal
L’un des points qui suscitent l’indignation est que Donald Trump a agi sans l’accord du Congrès américain (la Chambre des représentants et le Sénat). Or, pour tout acte de guerre ou opération militaire, il est nécessaire d’avoir l’aval du congrès. Ils n’ont pas été mis au courant, et n’ont donc pas été consultés. En outrepassant cette obligation, le président des États-Unis se place en toute-puissance, au-dessus des institutions, même internationales. 


De plus, ce n’est pas la seule institution dont il réduit l’importance. Selon le droit international, chaque pays est souverain dans ses propres frontières. Le rôle de juger des chefs d’État revient donc à la Cour Pénale internationale. Elle a été créée en 1998 par le Statut de Rome. 125 pays en font partie. Elle a pour rôle de juger des crimes de guerre, contre la paix (aussi désignés par crime d’agression), contre l’humanité ou encore plus spécifiquement des génocides. 


Récemment Donald Trump a annoncé lancer des mandats d’arrêt à l’encontre de plusieurs juges de la CPI. Cette action révèle à quel point il se sépare des institutions internationales et à quel point il se place au-dessus. Il montre qu’il a d’abord le pouvoir de faire arrêter des juges internationaux, mais aussi celui de passer outre la justice Internationale. Par là, il minimise totalement le rôle de la CPI. 

 

Annonces américaines pour le futur du Venezuela

Plusieurs semaines après, la situation est toujours incertaine. Il est difficile de suivre Donald Trump et de comprendre ce qu’il va se passer. Il a annoncé que l’armée américaine serait déployée au Venezuela, afin d’assurer une transition démocratique. Seulement en février, aucune armée n’est encore déployée. Il y a quelques jours, Donald Trump a affirmé que la Vice Présidente Rodriguez était quelqu’un de très bien et que le pays était près à entamer sa transition démocratique. Quelques jours plus tôt, la lauréate du Prix Nobel de la Paix, Maria Corina Machado, opposante vénézuélienne d’extrême-droite affirmait partager son prix avec Trump. Ils paraissaient proches et on aurait pu s’attendre à ce qu’il fasse appel à elle pour la transition démocratique. De nouvelles tensions apparaissent donc entre les deux camps : garder la Vice Présidente Rodriguez comme semble le vouloir Trump ou faire appel à l’opposante d’extrême-droite Prix Nobel de la Paix ?


De plus, la Vice Présidente a été élue avec Maduro, donc avec les mêmes idées. La garder au pouvoir, ne serait-ce pas s’éloigner d’une possible transition démocratique ? Sans Maduro, c’est un dictateur en moins, mais rien ne peut assurer que Rodriguez ne va pas poursuivre les mêmes directions politiques que son prédécesseur. En 2024, beaucoup de gens avaient dénoncé un truquage des élections, qui aurait donc enlevé la victoire au principal opposant de Maduro. Dès la nouvelle de l’enlèvement de celui-ci, Emmanuel Macron avait proposé de faire appel à celui qui aurait dû être élu. Pour le moment, cela ne semble pas se faire. 


Une action « néo-impérialiste » ?
Le Venezuela n’est pas le premier pays à être convoité par Donald Trump. Il s’agit de la première fois qu’il réalise une intervention armée, mais en 2024, il avait déjà été question du droit international, notamment concernant sa volonté de conquérir le Groenland. Il avait mentionné le Canada pendant un moment, mais n’en parle désormais plus. 


Ce n’est pas le cas du Groenland. A peine quelques jours après son intervention armée au Venezuela, l’administration Trump parlait déjà de se rendre au Groenland. Plusieurs membres du gouvernement américain avaient proféré des menaces à l’encontre de Cuba, et il est même désormais question de l’Islande. 


On peut alors se demander si ce comportement ne résulte pas d’une sorte de néo-impérialisme. Cela consiste pour un État, à s’étendre pour asseoir une domination sur d’autres États, et s’en procurer les richesses. Au long de son histoire, les États-Unis ont toujours fait preuve de plus ou moins d’impérialisme. 


Néo-impérialisme ou non, la situation est que Donald Trump ne semble pas vouloir s’arrêter et considérer qu’il agit dans son droit. Il ne cesse de répéter qu’il est un homme de paix. 
En bref, ce qu’il va se passer au Venezuela est toujours incertain. 

 

Clémence G.

7 rue Léon Blum - 45800 Saint Jean de Braye

 02 36 86 11 30